Trois clés pour être plus heureux avec votre méditation

Les trois erreurs que font la plupart des apprentis méditants, et qui les empêchent de pleinement progresser dans leur pratique.
La méditation a le vent en poupe en ce moment: on en parle à la télévision, mieux méditer avec le yoga nidramême les journaux du dimanche en vantent les bienfaits, les neuro scientifiques en analysent les effets sur le cerveau, les médecins la prescrivent aux stressés, aux dépressifs chroniques, aux victimes de syndromes post traumatiques, et à toute personne qui manifeste le désir d’explorer son intériorité.

Sur App Store, sur le web, partout vous allez trouver des applications, des tutoriels, des méditations guidées.
Dieu sait que je trouve ça bien: c’est grâce à de telles ressources que j’ai moi-même commencé à méditer il y a 10 ans. J’ai vécu de belles choses avec mon lecteur MP3 sur les genoux, assis sur un banc d’église parce que c’était le seul endroit calme où je pouvais me poser pendant ma pause de midi. J’ai redécouvert un espace de paix à l’intérieur de moi, je me suis connecté avec mon corps, avec mes sensations, avec le moment présent. J’ai trouvé des ressources pour faire face aux turbulences de ma vie. J’ai retrouvé un accès à une spiritualité libre, sans dogmes, après des années d’obscurité. Ce sont des moments fondateurs, ils m’ont puissamment motivé à aller plus loin.
J’ai d’ailleurs moi-même créé un cours en ligne de Yoga Nidra (accéder), pour offrir un accès facile et bon marché à ces pratiques au plus grand nombre possible.
Pourtant je rencontre beaucoup d’apprentis méditants découragés. Il semble que 80% des personnes ayant suivi un programme d’apprentissage de la méditation (gestion du stress par la Mindfulness par exemple), même s’ils en ont profité et peuvent nommer des bienfaits qu’ils en ont retiré, ont abandonné toute pratique 6 mois après ces programmes (en fait il n’y a pas d’étude systématique qui ait été menée à ce sujet, les quelques articles scientifiques qui ont recensé la pratique après 6 mois ou un an présentent des chiffres variant entre 60% et 95% d’abandon de toute pratique régulière, le chiffre de 80% représente une extrapolation réaliste, plutôt optimiste).
Pourquoi?
De par mes accompagnements avec des apprentis méditants comme de par ma propre expérience, je vois 3 erreurs que font la plupart des apprentis méditants, et qui les laissent frustrés et découragés après quelques temps de pratique, même s’ils ont commencé avec enthousiasme.
La première de ces erreurs, c’est d’idéaliser ce qu’on devrait vivre en méditant.
Nous nous faisons tous des idées à ce sujet à partir du récit d’autres personnes et à cause de nos propres attentes. Ce sont des fantasmes, pas la réalité. Par exemple: croire que méditer c’est rester sans penser, complètement calmer ses pensées. Ou croire que la méditation devrait être accompagnée de telles ou telles émotions, expériences, sensations. Ou croire que la méditation nous apporte tout de suite bien-être, calme et équilibre.
Ces fantasmes peuvent nous piéger au point de nous empêcher d’avoir accès à ce qu’est vraiment la méditation. Si nous courons après quelque chose qui n’existe pas, nous allons tôt ou tard nous décourager et abandonner.
Tous sans exception, nous venons à la méditation avec une part d’attentes irréalistes. Nous avons tous un jour besoin d’un regard extérieur, pour nous aider à les voir et à les remplacer. Ce n’est pas un processus intellectuel, mais une expérience dans laquelle un bon enseignant de méditation guide ses élèves en leur proposant des pratiques pour se corriger et s’approfondir.
La deuxième erreur, c’est de se fixer des buts impossibles.
A cause de notre exigence envers nous-mêmes, nous nous fixons souvent des buts trop élevés et nous choisissons des techniques qui ne sont pas adaptées à notre rythme de vie ni à notre personnalité. Toute pratique de méditation doit être sur mesure, tant par le contenu que par la fréquence.
S’engager à méditer une heure par jour, ou même 20 minutes, selon les techniques et selon notre style de vie et notre personnalité, c’est peut-être se fixer une mission impossible.
Certaines techniques de méditation très à la mode aujourd’hui ont été créées par des moines et pour des moines, c’est à dire des gens qui ne faisaient que ça toute la journée. C’est illusoire d’espérer en profiter sans les adapter à notre style de vie, et à notre personnalité.
Etablir une pratique de méditation durable et satisfaisante, cela commence par un bilan sur notre vie, notre emploi du temps, nos obligations, notre personnalité. Ensuite on se construit un programme d’entraînement adapté en tâtonnant, par essai-erreur, avec les bonnes techniques et le bon rythme.
Un bon enseignant de méditation guide son élève à trouver sa pratique sur mesure, et en même temps à trouver tout de suite du plaisir et des bénéfices à sa méditation, puis à constater, encourager et consolider les progrès.
La troisième erreur, c’est de croire qu’on va y arriver tout seul.
Vous l’avez bien compris, il vient un moment dans la pratique où il va être nécessaire de recevoir l’aide d’un pratiquant expérimenté, digne de confiance et capable de vous conduire plus loin.
C’est comme apprendre à nager en regardant des tutoriels sur youtube. Vous pouvez y trouver du plaisir et développer des capacités. Mais il viendra un moment où vous allez plafonner, bloqué dans des limites frustrantes et couteuses en énergie. C’est là que vous aurez besoin d’un bon professeur pour corriger vos défauts, car il vous regardera de l’extérieur, et pourra vous donner des techniques pour gagner en efficacité, en plaisir et en endurance.
Un praticien expérimenté, qui soit bien formé et qui vous inspire confiance, qui a déjà arpenté ces routes, est précieux et utile. Il permet de gagner du temps, d’éviter des pièges, d’être soutenu face aux difficultés et dans les moments de découragements, d’être guidé dans les découvertes qui permettront ensuite de progresser énormément. J’en ai eu besoin et je sais ce que j’en ai retiré: c’est inestimable.
Comment trouver cette personne pourrait être le sujet d’un autre article. Je vous propose simplement ces lignes directrices:
  • Un enseignant qui soit hors de tout sectarisme ou dogmatisme, même s’il appartient peut-être à un courant religieux ou spirituel.
  • Quelqu’un qui ait démontré sa pratique dans son parcours de vie, pas seulement par une formation.
  • Osez aller chercher loin: le web offre de magnifiques ressources alors que, si vous vous limitez à là où vous habitez, le choix peut être très limité.
  • Essayez deux ou trois entretiens ou sessions, et voyez comment vous vous sentez avec la personne.
  • Méfiez-vous du gratuit, les gens bien formés et compétents ont un prix et la gratuité cache en général d’autres intérêts.